LAC-MÉGANTIC: PLACEMENT DOUTEUX DES 9,8 MILLIONS $ DU RECOURS COLLECTIF

Ronald Martel déplore la façon qu’on a joué avec l’argent des Méganticois

Lac-Mégantic, mardi 10 octobre 2017 – La Ville de Lac-Mégantic a reçu 9,8 millions de dollars du Plan d’arrangement avec les créanciers de la faillite de la MMA, initié par le Recours collectif, grâce à l’action avisée de l’avocat Daniel Larochelle, «qu’il faut remercier pour tout ce qu’il a fait», selon Ronald Martel, candidat à la mairie de Lac-Mégantic. «Mais on a joué maladroitement avec cet argent qui appartient aux contribuables. L’affaire ne peut pas en rester là, car il y a toutes les apparences de patronage et de favoritisme, reliées à ce mauvais placement.»

«On n’a pas pris le chemin le plus clair, ni le plus facile, pour faire fructifier ce gros montant d’argent», ne décolérait pas non plus l’agent officiel du candidat, l’avocat Jean-Claude Boutin. «Lac-Mégantic risque d’avoir besoin de cet argent à très court terme, car encore cette année, la Ville a emprunté beaucoup d’argent, sans trop savoir le montant que consentiront vraiment les gouvernements provincial et fédéral, qui achèvent de compenser les dépenses conséquentes à la tragédie du 6 juillet 2013. Pendant ce temps, la dette municipale ne cesse de gonfler, au grand désarroi des contribuables.»

«C’est le mouvement Desjardins et les deux Caisses populaires locales qui s’occupent habituellement de l’argent placé temporairement par la Ville. Le maire sortant a eu droit à une présentation faite par le directeur de la Caisse Région de Mégantic, où il n’a pas daigné inviter les six conseillers. Il a agi seul et la première chose qu’on a su, l’argent était placé à la Financière Banque Nationale. Des revenus d’intérêts de 258 000 $ ont été ajoutés au placement initial et s’il ne vaut que 9,6 millions, c’est une perte de 458 000 $», continue M. Boutin.

«Le capital porte intérêt à du 1,5 pour cent, dans des billets liés et des obligations, qui réagissent à l’inverse des taux d’intérêts. Ces derniers ont monté un peu, le rendement a donc baissé. C’est pour cette raison que les 9,8 millions des Méganticois valent seulement 9,6 millions actuellement, une perte de capital de 200 000 $. De plus, les frais de gestion vont atteindre 55 000 $ en 2017, à un taux de 0,55 de 1 pour cent, ce qui aurait facilement pu être négocié à 0,25 de 1 pour cent», selon le conseiller sortant Pierre Mercier.

M. Mercier et l’autre conseiller sortant Jean Bilodeau se sont opposés à ce placement, mais comme il n’y a pas eu de résolution en bonne et due forme pour officialiser ce placement majeur, une irrégularité qu’il faut reprocher au maire, ils n’ont pu s’opposer avant que les contrats soient signés. Ils ont voté contre la résolution du placement, lors de l’assemblée d’octobre où le conseil municipal, mené par le maire suppléant, a cherché à rectifier la situation par une résolution tardive. La conseillère sortante Julie Morin a voté pour ce placement.

«Mon équipe et moi-même, nous nous questionnons sur les capacités et compétences de la candidate Morin, dans l’administration d’une ville, si elle n’a pas été capable de défendre les intérêts des Méganticois en agissant de la sorte. Il faut aussi questionner l’échéance de ce placement, dont certaines obligations ou billets se négocieront jusqu’en 2045… un nonsens! », s’objecte Ronald Martel. «Et maintenant qu’elle est libérée de son poste de conseillère au sein du dernier conseil municipal, Julie Morin clame qu’elle n’a pas toujours été d’accord avec les décisions prises par ce conseil. C’est trop peu trop tard, elle ne s’est pas levée une seule fois pendant les deux ans de son mandat pour marquer sa dissidence face à ces décisions du conseil. Je m’interroge sur l’esprit critique de cette candidate à propos des intérêts de ses concitoyens méganticois.»

«Certains contribuables nous ont demandé pourquoi le conseil municipal n’a pas mis cet argent carrément en remboursement de la dette, ce qui aurait été beaucoup plus valable, selon eux. Est-ce l’appât du gain, à cause du montant élevé? De plus, était-il nécessaire de payer un professionnel pour s’en occuper, qui va coûter 55 000 $ par année? Est-ce que la Caisse Desjardins n’avait pas une solution moins coûteuse? Qui a-t-on voulu favoriser?», questionne Ronald Martel. «Nous nous questionnons aussi pour l’avenir de Lac-Mégantic. N’est-ce pas dangereux que les gouvernements obligent la Ville à se servir de cet argent très rapidement, en soustrayant ce montant de 9,8 millions de dollars de l’aide qu’ils sont supposés
remettre à Lac-Mégantic, plus de quatre ans après la tragédie du 6 juillet 2013? Il faudrait alors retirer rapidement ce placement qui vaudra probablement moins que les 9,8 millions reçus originalement, une autre perte pour Lac-Mégantic. Contrairement à ce qui a été publié
dans le journal local, le «bas de laine» des Méganticois n’est nullement en sécurité.»

Pollution visuelle.

Un panneau publicitaire, avec le visage de la candidate Morin, est apparu dans une courbe de la rue Papineau, près du pont de la Solidarité, et à quelques autres endroits à Lac- Mégantic. On avait pourtant clairement entendu qu’il fallait éviter cette pollution visuelle qui
découle de la prolifération de ces pancartes électorales pendant la campagne. Ronald Martel va respecter sa parole en ce sens et n’installera pas d’affiches à son avantage.

«Mais Mme Morin fait le contraire. Elle doit avoir certaines motivations…!», a conclu M. Martel.

Source: Ronald Martel